2006-12-28

Quelques histoires

Quelques histoires tristes, violentes et révoltantes, piochées ça et là sur quelques blogs.
  • Une anecdote de Kozlika, le combat banal du partenaire survivant contre la famille du malade ou du défunt. Celui, Celle qui fut tout, n'est rien aux yeux de la famille.
    « Ah tiens justement, voilà sa maman. Ils viennent voir votre fils madame. » Mais la femme s'était tournée vers nous en secouant la tête. Non, ne venez pas, il ne veut pas qu'on le voie dans cet état-là. Luc a dit que nous étions des amis. Non, non, que la famille, insista-t-elle. Elle ne regardait que Luc, elle disait « la famille seulement ». Alors Luc a pris une grande inspiration et a dit « Je ne suis pas un ami, je suis son ami. » Elle n'a pas bougé un cil : « Pas d'amis, que la famille. »
  • "Collaborer, c'est commencer par se taire. le jour où j'ai décidé de dire non. ou pourquoi la fierté gay." C'est comme ça que commence la note de -alias- à propos de Nicolas. Une histoire banale encore que celle de ce garçon, avec une chute trop prévisible pour ceux qui savent à quel point vivre avec ces 97 poignards quotidiens peut être impossible.
    Un jour à l'arrêt de bus un grand CM2 très bête l'a traité de petite tapette. Les mères qui étaient là à attendre avec les enfants ont bien rigolé. c'est bien vrai que Nicolas est une petite tapette. [...] Et il ne fait pas bon vivre dans une civilisation qui a érigé la virilité et le sexisme en raison sociale.
  • Et on termine par une note de Cossaw, qui reprend un communiqué de presse de SOS Homophobie. Cet enchaînement de faits divers qui seront trop nombreux laissés impunis fait mal à lire. Quelques mots à chaque fois, une vie derrière. À rapprocher de ce clip de Death in Vegas. J'avais adoré la musique, et je me souviens avoir découvert ce clip sur le second CD de la boîte - à une époque où j'en achetais en masse, sans forcément les connaître. Des vies brisées qui défilent, des histoires anodines qui ne feront la une que localement, sans que jamais personne ne décide enfin de faire quelque chose, à grande échelle, pour que ça change.
Voilà, que des histoires joyeuses, et de saison, afin de ne pas oublier, peut-être aussi, que le combat est loin d'être terminé.

2006-12-01

Le SIDA a 25 ans. Nous aussi.

Nous n'avons pas de souvenir d'une époque où le sida n'aurait pas existé.

Pourtant, nous, jeunes de la diversité sexuelle, n'avons pas de souvenir d'une époque où le sida aura été plus absent de notre information quotidienne.

Qui se risque encore à parler du VIH/SIDA ou des IST en général, en dehors des grands rendez-vous annuels ? Et même l'année 2005, où le SIDA a été déclaré grande cause nationale, a été, à tous points de vue, d'une pauvreté impressionnante. Réduction des budgets associatifs, restriction de nos possibilités : face aux promesses et bonnes intentions affichées, il y a la multitude souterraine des coups bas qui ont rendu bon nombre d'actions impossibles. Alors qu'on sait pourtant que les contaminations au VIH sont à un niveau proche de celle des pires années qu'on ait vu par le passé.

Mais un scandale n'est pas encore assez dénoncé.
Celui de la responsabilité de l'Éducation Nationale.

Quelles formations aux IST ont les personnels encadrants de l'Éducation Nationale ? Aucune.

Ces personnes, proches de nous, dont, officiellement, une des missions est de nous éduquer à la responsabilité sexuelle, ne sont pas formées. Or, face aux centaines de milliers de cas d'IST existant en France actuellement, leur formation ne peut pas être une option. Encore faut-il qu'on leur donne en aval les moyens d'être efficaces. Les heures réglementaires d'éducation sexuelles ne sont pas utilisées à ces fins.

Quel établissement peut se targuer de mettre en oeuvre les 3 séances annuelles d'éducation sexuelle imposées par le Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale n°9 du 17 février 2003 ? Aucun.

50% des lycées n'ont pas même de distributeur de préservatifs et ceux qui en ont les vendent à des prix 5 à 10 fois le prix de production. Connaissant la difficulté que peut encore représenter l'achat de préservatifs ou le simple fait d'avoir affaire à quelqu'un pour s'en procurer, de telles conditions sont inadmissibles.

Ces carences doivent être comblées car la sexualité est un élément fondateur de nos vies de jeunes adultes, une facette importante de ce que nous sommes. Le rejet de ces sujets vers la sphère du privé ne peut plus être d'actualité. Ce serait une hypocrisie face aux images accessibles à tous et toutes quotidiennement via la télévision, images pourtant dénuées de tout autre sens que marketing. On pourrait ainsi parler de sexe pour vendre un programme hertzien et parler régulièrement de sexualité serait exclu des programmes scolaires ?

Aujourd'hui, tout ce qui environne la prévention des IST et la sexualité en général est noyé d'incohérences. Il est plus que temps de prendre des positions claires et de se donner les moyens de les respecter. Les sujets ayant trait à la prévention et aux sexualités ne doivent plus être tabous.

Car ces tabous font des morts.

David et Aurélien, porte-parole de mOules-frItes
moules.frites@gmail.com

mOules-frItes
fédération nationale des associations LGBT jeunes et étudiantes
c/o MIE 50, rue des Tournelles 75003 Paris
http://www.moules-frites.org

Le communiqué de presse en PDF